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Lutte & starification, éloge de l'optimisme sexuel, infanticides environnementaux, l'impunité dans le sport, etc.

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11 min ⋅ 20/02/2026

Nos luttes ont besoin de visages, pas de stars

Les combats politiques ont toujours eu besoin de visages, de voix, de récits capables de rendre visibles des réalités abstraites. Une cause sans incarnation peine à mobiliser. Elle reste théorique, lointaine, désincarnée. Donner un corps à une lutte, c’est souvent lui donner une chance d’exister dans l’espace public. 

Mais le glissement de l’incarnation à la starification n’est jamais loin.

Lorsque quelques figures concentrent l’attention médiatique et politique, la focale se déplace. On ne parle plus seulement des rapports de domination, des lois, des structures. On parle d’elles, de leur style, de leur personnalité, de leurs contradictions. La complexité des enjeux se réduit parfois à des trajectoires individuelles. Et peu à peu, la lutte risque de se raconter davantage que de se mener. 

Ce phénomène produit des effets très concrets. D’abord, il peut favoriser une forme de dépolitisation. À force de surresponsabiliser certaines figures, on finit par se désengager. Quelqu’un·e parle pour nous, mieux que nous, plus fort que nous. On relaie, on applaudit, on commente et l’on confond parfois visibilité et action. Or une lutte ne peut pas reposer durablement sur la représentation. Elle a besoin de participation et d’action. 

Les réseaux sociaux accentuent ce mouvement. Ils encouragent une relation affective aux figures militantes. On adhère à une personne avant d’adhérer à une réflexion politique. On “aime” ou l’on “n’aime pas”, et cette impression devient déterminante. L’algorithme valorise les visages, l’intimité, l’émotion. Plus une figure se rend accessible, plus elle gagne en visibilité. Cette logique n’est pas neutre : elle pousse à personnaliser, à lisser, parfois à édulcorer. 

Le risque n’est pas que des militant·e·s deviennent visibles. Le risque est que la visibilité devienne une fin en soi.

Et lorsque la popularité devient une ressource politique, elle risque d’affaiblir les dynamiques collectives. Plus une figure devient centrale, plus le travail collectif qui l’a rendue visible tend à disparaître derrière elle. Les désaccords se personnalisent, les tensions se cristallisent autour de noms plutôt qu’autour de lignes politiques. Et la mise en concurrence (encouragée par les logiques de visibilité) peut diviser des mouvements qui auraient besoin de se renforcer.

Incarner une lutte est nécessaire, mais starifier les figures est un danger.  

La question n’est donc pas de refuser les figures. Elle est de préserver le “nous” derrière le “je”. De rappeler que les visages ne sont que des points d’entrée vers des combats plus larges. Que la visibilité doit servir la transformation sociale, et non l’inverse.

Car aucune lutte ne tient longtemps si elle repose sur des personnes plutôt que sur des forces collectives.


Eloge de l’optimisme sexuel

Dans le sillage de #MeToo et au milieu des affaires Epstein, Pélicot ou encore French Bukkake, notre sexualité apparaît comme un champ de ruines. Et même si toutes les femmes ne sont pas sédatées par leur conjoint puis offertes en pâture à une centaine d’hommes, nous sommes nombreuses à nous interroger : entre la charge affective, le coût de la séduction, les sempiternels scripts relationnels, les violences — de quelque nature qu’elles soient — tout ceci en vaut-il vraiment la peine ? 

Cette interrogation n’est d’ailleurs pas neuve : elle traverse l’histoire du féminisme. Une égalité sexuelle entre les hommes et les femmes sera-t-elle jamais possible ? Et pour y parvenir, quelle stratégie adopter : faire sécession et renoncer aux hommes, comme le prônaient Monique Wittig et, plus récemment, Ovidie ? Ou bien le salut passerait-il, au contraire, par une sexualité conquérante et totalement libre, semblable à celle des hommes (ou, du moins, à ce que nous croyons qu’elle est) ?

Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes femmes traumatisées par les violences et les abus, ou tout simplement épuisées d’affronter des normes ahurissantes, sont tentées de renoncer au couple. Les Américain·es ont même inventé un mot qui fait son chemin en France : l’hétérofatalisme. Et ce constat n’a rien de surprenant ; il paraît même, à l’aune de l’actualité, frappé au coin du bon sens.

C’est un fait : nos désirs sont construits et façonnés par le patriarcat. Nous sommes biberonnées à la culture du viol, éduquées pour obéir à des scénarios amoureux proprement confondants. Mais au milieu de tout cela, qu’en est-il de l’expression de nos désirs ? On peut même légitimement se demander, sans être une réactionnaire, où se place le curseur du féminisme lorsque le désir féminin est systématiquement soupçonné de ne pas être autonome. On parle de violence, d’abus, de fatigue, de dégoût, de misandrie… mais qu’en est-il de notre sexualité, de sa place dans nos vies, dans nos couples, de la manière dont nous pouvons — ou non — la vivre, l’exprimer ? Toutes les femmes vivent-elles la même chose, au même moment ? Notre sexualité reste encore nébuleuse, taboue, secrète ; elle demeure le grand chantier post-#MeToo.

On exige des femmes des positions fermes : renoncer, ou savoir exactement ce qu’elles veulent, et être en plus capables de l’exprimer clairement. Or nos désirs obéissent à des élans qui nous sont propres ; ils s’enracinent dans le patriarcat et dans le capitalisme, mais s’incarnent aussi dans nos contradictions, nos limites, dans des contingences sociales situées à l’intersection de tant d’autres choses.

Prôner l’optimisme — et même la joie, pour reprendre le terme choisi par Gisèle Pélicot dans son autobiographie — n’est pas une manière de nier les violences, ni une volonté de trier les victimes. Malgré les grandes déclarations médiatiques, nombreuses sont celles qui souhaitent (et elles en ont parfaitement le droit) conserver les privilèges associés à la vie en couple, tout comme nombreuses sont celles qui ne peuvent se payer le luxe d’embrasser une existence hors norme. Il doit donc exister une autre manière d’aborder nos sexualités que par le seul prisme de la violence et de l’abus. Et puisqu’il ne nous sera sans doute jamais possible — même dans une société plus juste et idéale — de nous protéger de tous les Dominique Pélicot de ce monde, il doit bien exister une manière d’explorer ses désirs sans risquer sa vie. Et puisque nos vulnérabilités ne disparaîtront jamais, et davantage pour certaines que pour d’autres, encore et toujours, nous avons malgré tout le droit de rester optimistes.

Infanticides environnementaux

Chez les enfants, les conséquences de la pollution atmosphérique sont l’augmentation des naissances prématurées, de l’asthme ou encore, de façon importante, celle des bronchiolites ou cancer du poumon.

En 2023, l’Union Européenne s’est prononcée pour l’interdiction des polluants dits “éternels”. Ceux-ci correspondent à des composés perfluoroalkylés et polyfluoroalkylés appelés PFAS et considérés comme “les poisons du siècle”. On retrouve ces molécules dans les objets du quotidien (poêles en Teflon, papier cuisson, emballages alimentaires, textiles, cosmétiques…) et dans les applications industrielles (mousse anti-incendie, peintures, pesticides, …). Les PFAS peuvent entraîner des problèmes de santé tels que des lésions hépatiques, des maladies thyroïdiennes, de l'obésité, des problèmes de fertilité et des cancers. Ces “polluants éternels” ont contaminé tous les milieux (eau, air, sol) et l’ensemble de la chaîne alimentaire. Les chiffres font peur : l’ensemble de la population européenne est contaminé par les PFAS dont les enfants, dès leur naissance ; il n’existe pas de système métabolique qui ne soit pas affecté par ces polluants. Malheureusement, les PFAS ne sont pas les seuls à mettre les enfants en danger ; le spectre des pollutions environnementales entraînant des maladies graves est très étendu.

Une idée préconçue voudrait que ce soit les enfants vivant dans les grandes villes les plus exposés aux risques de pollution. L’exemple le plus courant est celui de l’air extérieur. En effet, en France, il y a environ 48 000 décès liés à la pollution de l’air, soit la troisième cause de mortalité après l’alcool et le tabac. Chez les enfants, les conséquences de la pollution atmosphérique sont l’augmentation des naissances prématurées, de l’asthme ou encore, de façon importante, celle des bronchiolites ou cancer du poumon. Une étude récente de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques en santé publique et sociale) démontre que les enfants les plus défavorisés sont plus touchés parce qu'ils vivent plus souvent au sein des aires d'attraction économiques des villes (et donc des industries ou usines) et dans les communes les plus polluées.

Une pollution de l’air qui touche tous les enfants sans distinction géographique est celle de l’air intérieur, il peut être jusqu’à 8 fois plus pollué que l’air extérieur. Les sources de pollution dans les logements sont nombreuses : tabagisme, moisissures, matériaux de construction, meubles, acariens, produits d’entretien, peintures... De par leur petite taille, les enfants sont plus près du sol, là où s’accumulent les polluants. Leur rythme de respiration est 2 fois plus soutenu que celui des adultes et ils respirent une plus grande quantité d’air relativement à leur taille. Cette pollution entraîne des problèmes respiratoires : respiration sifflante, rhinites, asthme, irritation de la gorge, congestion nasale, toux sèche mais aussi de l’eczéma, dermatite, conjonctivite, irritation de la peau et des yeux. La pollution de l’air intérieur impacte également les performances scolaires car elle réduit les capacités de concentration et de mémorisation. La performance cognitive réduite, les difficultés à dormir s’accumulent, le cerveau est mal oxygéné ; les enfants sont plus fatigués et peuvent même souffrir de maux de tête. Mais là encore, il ne faut pas penser que cela se passe principalement dans le foyer, en dehors du logement familial, c’est l’école qui présente le plus gros risque d’exposition à la pollution de l’air intérieur : les enfants passent plus de 40% de leur temps en classe. Les chiffres sont effarants : 3 écoles sur 4 ne sont pas équipées de ventilation mécanique, environ 10 % des écoles présentent au moins un élément dégradé avec une concentration de plomb supérieure à 1 mg/cm² qui dépasse le seuil réglementaire, les écoles les plus anciennes dépassent le seuil d’insalubrité ou les cours goudronnées qui augmentent les îlots de chaleurs et donc les inhalations goudronnées. Là encore, les enfants vivant dans des familles précaires sont plus exposés à cette pollution à cause d’habiter dans des logements plus prompts à une mauvaise aération et isolation et donc à la moisissure ou aux produits toxiques. Ils fréquentent aussi des écoles plus dégradées. Alors, en plus du risque sanitaire, la pollution de l’air devient un facteur de réussite scolaire.

Cependant, on ne peut pas penser que la santé des enfants des milieux plus ruraux est plus protégée. Du fait de vivre à proximité de champs d’agriculture conventionnelle, l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) pointe l’augmentation du risque de leucémies, de cancers et de troubles neurologiques lors de l’exposition directe aux pesticides pendant la grossesse ou la petite enfance. Les pesticides, qu’ils soient professionnels par les épandages, ou domestiques par exemple pour le traitement des plantes au sein des jardins, polluent l’air, s’infiltrent dans les sols et polluent les cours d’eau, pour se retrouver dans le quotidien des familles. Une récente étude, encore de l’Inserm, a identifié que les enfants vivant près d’exploitations vinicoles ont un risque de leucémie lymphoblastique 10% supérieur à la moyenne. En effet, les vignes sont parfois traitées aux pesticides jusqu’à 19 fois par an. En Guadeloupe et Martinique, il a été démontré que l’exposition prénatale et postnatale au chlordécone, pesticide dangereux utilisé pour la culture bananière, est associée à une diminution des capacités intellectuelles et à une augmentation des difficultés comportementales chez les plus jeunes.

Malheureusement, la liste des facteurs environnementaux entraînant des maladies pédiatriques graves ne s’arrête pas aux pollutions de l’air et aux pesticides. L’industrie est une autre grande coupable. Début 2000, l’histoire des enfants vivants à proximité de l’usine Kodak de Vincennes avait secoué bon nombre de parents. Cinq enfants vivant à proximité de l’usine ont développé des cancers. C’est le tournant de ce qu’il s’appelle aujourd’hui les clusters de cancers pédiatriques. L’activité de certaines industries rejettent dans l’air et dans l’eau des métaux lourds et terres rares dont les concentrations sont souvent supérieures à la réglementation. Même si les mesures ont été durcies, les infractions restent courantes. Le taux de cancers pédiatriques augmente alors fortement, les maladies rares du sang et les leucémies étant prédominantes. Actuellement, il existe 4 clusters de cancer pédiatriques connus. À Igoville dans l’Eure, c’est une usine de fabrication de vannes et de tubes spéciaux pour les secteurs de la défense, du nucléaire et de la pétrochimie qui est suspectée. À Pont-de-l’Arche en Loire Atlantique, 25 enfants ont déclaré un cancer entre mai 2015 et mai 2021. À Saint-Rogatien en Poitou-Charentes ou encore autour de Rousses dans le Haut Jura, les cancers pédiatriques explosent avec suspicions d’industries coupables. Plus récemment, c’est l’usine Sanofi de Mourenx (Pyrénées-Atlantiques) qui est dans le viseur des familles. Celle-ci produit la Dépakine depuis 1967, médicament prouvé responsable de malformations et de troubles neurodéveloppementaux chez des milliers d’enfants de mères traitées pendant leur grossesse. Malgré son interdiction chez les femmes enceintes, des pathologies similaires sont présentes chez des enfants de riverains de l’usine et de travailleuses fréquentant la zone industrielle. Aucune mère n’a pris le médicament, toutes s’interrogent sur le lien avec les rejets dans l’air de valproate de sodium, son principe actif, autour du site.

Aujourd’hui, seulement une infime partie de l’impact sanitaire des polluants et facteurs environnementaux sur les enfants est connue. Devant le manque de moyens ou d’écoute des organismes de santé publique, de nombreux parents s’organisent pour faire leurs propres recherches et montent des collectifs de vigilance citoyenne. Il existe une réelle inaction politique sur la recherche des clusters de cancers pédiatriques et dans la protection des enfants contre la pollution plus généralement. Il ne faut pas avoir peur de dire que le bilan de l’État est accablant. Depuis 2008, les directives européennes sur la qualité de l'air ambiant obligent les États membres de l'Union européenne à prendre des mesures appropriées pour garantir le respect des valeurs limites et cibles dans un délai spécifié. Cependant, rien ou presque, n’est fait pour améliorer la pollution de l’air en France, et ce malgré une première condamnation en 2017 par le Conseil d’État. Celle-ci sera suivie d’autres en 2021, 2022 et 2023 obligeant la France a payé 30 Millions d’amendes face à la persistance de ces dépassements, alors que le danger de la pollution de l'air n’est plus à prouver.

Enfin, concernant les pesticides, les reculs s’accumulent. Dès 2007, le Grenelle sur l’environnement avait pris un engagement de réduction de l’usage des produits phytosanitaires jusqu’à son interdiction. Dix en plus tard, Macron 2017 promet que le gouvernement prendra des dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France au plus tard dans trois ans. Non seulement la promesse n’a pas été tenue mais le gouvernement a même fait un revirement. Il a autorisé la réintroduction des néonicotinoïdes dans les cultures et la France s'abstiendra lors du vote de la proposition de la Commission européenne sur le renouvellement de l'autorisation du glyphosate pour dix ans dans l'UE.

Jean-Paul Jaud sortait en 2008 l’indispensable documentaire “Nos enfants nous accuseront”. Non seulement c’est toujours d’actualité, mais ils auront bien raison.

Quand les Etats-unis critiquent des médaillé·es olympiques

Les sportifs de haut niveau sont souvent placés sur un piédestal et bénéficient d’une impunité certaine. Ils suscitent une grande admiration qui peut aller jusqu’à excuser des comportements problématiques. C’est encore ce que l’on a pu voir lors de la compétition olympique de danse sur glace. 

Le 11 février 2026, le couple français (Guillaume Cizeron et Laurence Fournier-Beaudry) devient champion olympique de patinage artistique sur la glace à Milano Cortina (Italie). Il devance le couple américain, qui décroche l'argent. Les réactions états-uniennes ne se sont pas faites attendre. La patineuse argentée critique la notation des juges, notamment du Français, qui leur a attribué la note la plus haute, donnant lieu à la création d’une pétition sur change.org qui a atteint 21 840 signatures pour demander plus de transparence. Sur CBS, elle explique “[qu’il est] important pour les patineurs que les juges soient vérifiés et revus pour être certain qu’ils donnent aussi le meilleur d’eux-mêmes”. Le jour-même, la journaliste de sport Christine Brennan signe un éditorial très engagé sur USA Today qui s’ouvre ainsi : « Quel terrible message le sport du patinage artistique qui vient d'être envoyé aux survivants d'abus sexuels et aux victimes, et aux parents qui veulent que leurs enfants participent à un sport sûr ». Elle y dénonce le fait que Guillaume Cizeron ait obtenu deux médailles d’or malgré le comportement problématique décrit par son ancienne partenaire Gabriella Papadakis. Elle relève également la complicité entre le couple français et Nikolaj Sorensen, actuel compagnon de Laurence Fournier-Beaudry, suspendu pour “maltraitance sexuelle”. En clair, elle est révoltée car apparemment, l’extra-sportif ne compte pas, les violences sont minimisées et elle termine ainsi: “C’était une triste soirée pour [le couple américain], et une soirée encore plus triste pour leur sport”. C’est Christine Brennan qui a recueilli le témoignage de la patineuse qui accuse Sorensen de violences et l’a publiée en janvier 2024. 

Depuis que le couple champion olympique est revenu en France, on parle de tentative de déstabilisation de la part des médias américains (relevons tout de même le fait que le New York Times n’a par exemple publié qu’un article à ce sujet ). De manière plus générale, dans l’univers médiatique, un arsenal linguistique se déploie pour éviter de qualifier certains comportements. Cette stratégie discursive mobilise des termes au sens fluctuant, malléable, qui peuvent être étirés, déformés ou vidés de leur substance. Dans son ouvrage Même les monstres (L’Iconolaste, 2018), l'avocat pénaliste Thierry Illouz théorise cette pratique à travers le concept de « mots élastiques ». Il prend l’exemple du “monstre” qui, selon lui, “ne nomme pas” véritablement : contrairement aux mots “meurtrier”, “assassin” ou “fou” qui ont des contours sémantiques clairs, “monstre” se caractérise par son élasticité, par “le fait, absolument indiscutable, que l’on ne sait pas où il commence et où il finit”. Ce mot permet ainsi d’évoquer l’horreur sans la définir précisément, créant une image dramatique, tout en maintenant un flou qui évite la confrontation directe avec le caractère très concret des actes. 

De même, le mot “polémique” illustre parfaitement ce phénomène d’élasticité sémantique. Défini par Le Petit Robert comme “un débat par écrit, vif ou agressif”, il est devenu dans l’usage contemporain synonyme de “scandale” et s’applique à des situations si diverses qu’il finit par perdre toute signification précise. Dans cette affaire, on parle encore de “polémiques personnelles”. Pourtant, on le sait, ce ne sont pas des polémiques - mais des faits - et les violences ne sont en rien personnelles - elles sont systémiques. 

Pour aller plus loin : Christine Brennan est la première femme journaliste sportive au Miami Herald en 1981 et la première femme à couvrir l’équipe de football de Washington en tant que rédactrice permanente au Washington Post en 1985. Elle a également été la première présidente de l’Association for Women in Sports Media (AWSM) et a lancé un programme de stages et de bourses qui a soutenu plus de 200 étudiantes au cours des deux dernières décennies. Lire son article plus détaillé sur les faits qui concernent Sorensen : https://eu.usatoday.com/story/sports/olympics/2026/02/11/french-ice-dance-team-laurence-fournier-beaudry-guillaume-cizeron-ex-partners-sexual-abuse-olympics/88593894007/

À lire 

Cancer Colère, Fleur Breteau, Le Seuil 

“Vous êtes les alliés du cancer et on le fera savoir”. Voici le cri du coeur et de colère de Fleur Breteau en 2025 dans l'hémicycle lors du vote de la loi Duplomb 1. À l’occasion du retour de la loi Duplomb 2, la fondatrice du collectif  “Cancer Colère” sort son livre du même nom, et alerte sur les dangers sanitaires de la pollution chimique. Elle rappelle que la France est championne du monde de cancer du sein. Dans un récit choc autour de sa propre maladie et son parcours de soin, elle politise les causes de cette maladie devenue épidémie. Cancer Colère est à la fois un récit autobiographique intime sur l’expérience du cancer,un témoignage collectif des personnes touchées et de leurs luttes, un appel politique à la responsabilité. 

La Zone d’Impunité, Mejdaline Mhiri & Clothilde Le Coz, Hugo Publishing

Ce livre sort le 4 mars 2026. En analysant le traitement médiatique de (trop) nombreux cas de violences sexistes et sexuelles dans le sport, Mejdaline Mhiri et Clothilde Le Coz mettent au jour différents mécanismes : mots employés ou proscrits, formulations et raccourcis qui disent le manque de formation et d’échange dans les rédactions au sujet du traitement de ces violences, portant ainsi préjudice à la qualité de l’information. L’enjeu de ce livre dépasse largement le cadre sportif. En révélant les contours de cette « zone d’impunité », cet ouvrage questionne notre modèle de société où, aujourd’hui plus que jamais : « Soit on nomme, soit on nie.»

Eloge de l’optimisme sexuel, Adeline Anfray, Editions Belfond 

Depuis la déferlante #metoo et après la déflagration de l’affaire Pélicot est-il encore possible d’évoquer notre sexualité sans avoir seulement recours au registre de la violence et de l’abus ? Et si on ne peut jamais se sentir totalement libre et en sécurité, peut-on au moins trouver une forme d’égalité sexuelle ? Voici les questions que se pose Adeline Anfray dans cet essai, aussi lucide que revigorant. Une plongée bouleversante dans nos intimités, dans nos sexualités, loin des injonctions et des normes insensées qui nous sont souvent imposées. 

À faire 

12 mars 2026 : Lancement du livre “La Zone d’Impunité”

La libraire Un livre, une tasse de thé accueillera Mejdaline Mhiri et Clothilde le Coz pour présenter leur livre La Zone d’Impunité, critique du traitement médiatique des violences sexistes et sexuelles dans le monde du sport de 19h à 21h.

Inscription obligatoire auprès de cecilia.castagne@hugopublishing.fr

18 mars 2026 : Contre soirée électorale spéciales municipales 2026 

Suite au succès des précédentes éditions, Un livre, une tasse de thé et Popol Media s’associent de nouveau pour vous proposer une contre-soirée électorale dédiée aux élections municipales.

En marge des résultats de l’entre-deux tours - que nous analyserons avec un regard critique et engagé - nous vous invitons à prendre le temps de penser autrement la séquence politique. Au programme : discussions, échanges et prises de parole où la politique et les féminismes seront au cœur des débats. 

Le programme détaillé ainsi que les noms des intervenantes seront annoncés prochainement. Et comme toujours, quelques surprises viendront ponctuer la soirée 🥳 

Inscription recommandée via ce lien.  




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