Brésil, là où l’espoir résiste
Iels ont une nouvelle fois retenu leur souffle jusqu'à la dernière minute. Quatre ans après la victoire de Luiz Inácio Lula da Silva face à Jair Bolsonaro, les Brésilien·nes viennent de reconduire le président de gauche à la tête du pays. Le 25 octobre 2026, Lula a remporté 51,79 % des suffrages contre 48,21 % pour Flávio Bolsonaro, fils de l'ancien président d'extrême droite. Plus de 64 millions de voix pour Lula, près de 60 millions pour son adversaire. Une victoire serrée, mais historique.
Historique, parce que Lula avait terminé derrière Flávio Bolsonaro au premier tour, avec 45,16 % contre 47,03 %. Jamais, depuis le retour de la démocratie au Brésil, un candidat arrivé deuxième au premier tour n'avait réussi à renverser la situation au second. Et historique, surtout, parce que cette victoire intervient dans un pays profondément divisé, où le bolsonarisme est loin d'avoir disparu.
En 2022, nous avions accueilli la première victoire de Lula avec beaucoup d'espoir. Après quatre années de présidence Bolsonaro, marquées notamment par des attaques contre les droits des femmes, des personnes LGBTQIA+, etc., son retour au pouvoir ouvrait la perspective d'un changement politique. Mais nous avions aussi une inquiétude : une victoire électorale pouvait-elle suffire à enrayer l'enracinement de l'extrême droite ?
Quatre ans plus tard, la réponse est nécessairement nuancée.
Le gouvernement Lula peut faire valoir certains résultats, notamment dans la lutte contre la pauvreté. En juillet 2025, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) annonçait que le Brésil était sorti de nouveau de la Carte de la faim, grâce à une baisse de la sous-alimentation sur la période 2022-2024. Le rétablissement des politiques sociales, notamment du programme “Bolsa Família”, a participé à cette amélioration. Pour autant, les inégalités demeurent considérables et les préoccupations liées au coût de la vie, à la sécurité ou encore à la corruption ont continué de peser sur le débat public.
Surtout, le bolsonarisme s'est installé durablement dans le paysage politique. Jair Bolsonaro a été condamné en 2025 à vingt-sept ans de prison pour sa participation à une tentative de coup d'État après sa défaite de 2022. Mais son fils a repris le flambeau, remportant près de la moitié des suffrages au second tour. Le Parti libéral et ses alliés ont également renforcé leur présence au Congrès, ce qui devrait compliquer considérablement l'action du prochain gouvernement.
Il serait donc illusoire de considérer que l'extrême droite brésilienne a été vaincue politiquement. Elle a perdu l'élection présidentielle, mais conserve une base électorale, des relais institutionnels et une capacité de mobilisation importante et c'est précisément ce qui rend la victoire de Lula particulièrement intéressante.
Car en effet, le résultat du 25 octobre n'était pas acquis. Après un premier tour défavorable, sa campagne a été réorganisée, avec une mobilisation accrue sur les réseaux sociaux, dans les rues et auprès des électeur·ices qui ne s'étaient pas déplacé·es. Des mouvements sociaux, des étudiant·es et des collectifs citoyens ont participé à cette dynamique. Le second tour a enregistré une participation supérieure à celle du premier, et Lula a finalement obtenu plus de quatre millions de voix d'avance.
Cette séquence rappelle une chose essentielle selon laquelle une élection ne se joue pas uniquement autour d'une personnalité ou d'un programme. Elle dépend aussi des organisations, des réseaux militants, des mobilisations citoyennes et de la capacité à faire vivre un débat politique au-delà des campagnes électorales.
Et c'est peut-être là que se trouve la principale matière à réflexion pour la France, à quelques mois de l'élection présidentielle de 2027.
Bien sûr, les contextes institutionnels, sociaux et politiques sont différents. Il serait absurde de plaquer le modèle brésilien sur la situation française. Mais cette élection invite à poser quelques questions : quelle place donner aux mouvements sociaux et aux associations dans la vie démocratique ? Comment construire des alliances sans effacer les désaccords ? Comment articuler mobilisation électorale, implantation locale et action collective ? Et surtout, comment faire en sorte que les engagements pris pendant une campagne se traduisent ensuite dans la vie quotidienne ?
L'expérience brésilienne rappelle également qu'une victoire dans les urnes ne fait pas disparaître les fractures sociales ni les forces politiques qui les traversent. La démocratie ne se défend pas seulement au moment du vote. Elle se construit aussi dans les quartiers, les associations, les syndicats, les médias et tous les espaces où se fabrique du collectif.
En 2022, nous écrivions que tout était à (re)construire. Quatre ans plus tard, le chantier reste immense. Mais cette nouvelle élection montre aussi qu'aucun rapport de force n'est jamais définitivement figé, qu'une mobilisation peut modifier le cours d'une campagne et que les citoyen·nes ne sont pas condamné·es à rester spectateur·ices.
À l'approche de 2027, c'est peut-être cet espoir-là qu'il faut retenir. La politique ne se résume jamais à celles et ceux qui prétendent l'incarner, elle appartient aussi, et surtout, à celles et ceux qui continuent de la faire vivre.
Révolution ! Les femmes en première ligne…
Alors que partout dans le monde, en France mais aussi en Italie, en Espagne et en Inde, entre autres, les populations, et notamment les plus jeunes, se mobilisent, et alors que nous venons d'apprendre la mort de Dolores Huerta, militante syndicale américaine, nous avons eu envie chez Popol de nous pencher sur la place des femmes dans les soulèvements populaires et dans les mouvements sociaux. Leur présence, leur apport (gigantesque !), leur mode de mobilisation, les difficultés auxquelles elles sont parfois confrontées.
L'engagement des femmes, leur capacité à se mobiliser et à faire entendre leurs revendications, ne datent pas d'hier et ont déjà été abondamment commentés et racontés. Depuis la Révolution française, on sait qu'elles descendent dans la rue, en première ligne parfois. Pendant la fameuse Marche sur Versailles des 5 et 6 octobre 1789, elles étaient des milliers, issues des milieux les plus populaires, à manifester leur colère, aux côtés des hommes. C'est à cette époque que fleurissent aussi les salons de réflexion animés par des femmes. En 1791, Olympe de Gouges fait publier La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
C'est aussi la mobilisation des ouvrières et des femmes de soldats lors de la Journée internationale des femmes qui a contribué au déclenchement de la Révolution russe de 1917.
Nous avons plusieurs fois évoqué dans Popol vs Patriarcat la fameuse révolte des Penn Sardin de Douarnenez en 1924, menée notamment par Joséphine Pencalet, ainsi que le rôle de Rosa Parks dans le mouvement des droits civiques aux États-Unis, ou celui de Djamila Bouhired en Algérie.
Les XXe et XXIe siècles ont été marqués par les grandes avancées féministes, depuis les Suffragettes jusqu'au mouvement #MeToo, qui ont profondément changé nos modes de vie, nos manières de penser et d'être ensemble. Ces mouvements ont vu émerger de nouvelles pratiques militantes, via les réseaux sociaux notamment, de se coordonner bien au-delà des frontières. Les femmes ont investi tous les outils : pétitions, actions spectaculaires, engagements syndicaux, happenings médiatiques, occupations de lieux publics, groupes de parole, etc.
C'est aussi grâce aux mouvements féministes que la notion de « convergence des luttes » a pris tout son sens, avec cette idée que les combats doivent nécessairement prendre en considération la diversité des causes et des acteurs, permettant ainsi une coalition des mouvements, la valorisation des expériences individuelles au-delà du « groupe », l'émergence de voix plus diverses et donc plus exhaustives.
Les défis qui nous attendent sont colossaux. La tâche paraît immense, voire impossible. On peut déplorer nos divisions, être parfois gênées par nos contradictions, se sentir incapables de réfléchir parfois au sein même de son propre camp, mais une chose est sûre : nous sommes porteuses (et porteurs) d'un savoir gigantesque, d'une expérience et d'un héritage dont nous devrions faire bon usage.
Serbie : « la liste des étudiant·es a apporté une approche horizontale de la politique, centrée sur la communauté »
La journaliste et fondatrice de Storyteller.rs, Vladimira Dorčová-Valtnerová, témoigne de son travail de reportage sur le tournant politique en Serbie.
Popol Media (PM) : Comment vivez-vous les récents changements politiques et le mouvement étudiant en Serbie après des années sous le régime de Vučić ?
Vladimira Dorčová-Valtnerová (VDV) : C'est émouvant. Après 10 ou 14 ans à travailler sous un régime qui s'apparentait à une dictature, beaucoup d'entre nous (journalistes) sommes soulagé·es que le changement soit là, même si nous restons prudents. La période Vučić a été extrêmement difficile : les voix indépendantes étaient prises pour cibles et la société était fortement polarisée. Ce que la liste des étudiant·es a accompli en mobilisant les gens dans les grandes villes comme dans les plus petits villages est remarquable. Elle a apporté une approche horizontale, centrée sur la communauté, plutôt que de se reposer sur une figure de dirigeant omnipotent.
PM : Quel a été le déclencheur de ce mouvement, et comment les étudiant·es se sont-ils mobilisé·es pour les élections ?
VDV : Le tournant a commencé avec l'effondrement meurtrier de la gare ferroviaire de Novi Sad, qui a provoqué une colère généralisée (ndlr: en novembre 2024). Le mouvement étudiant a mené sans relâche des campagnes de terrain, parcourant à pied ou à vélo des villages reculés sous la bannière « Un·e étudiant·e dans chaque village ». Il a contourné le blocage des médias traditionnels grâce à Instagram et au dialogue direct, en convainquant les citoyen·nes que le changement était possible. Les étudiant·es ne cherchaient pas le pouvoir pour elleux-mêmes, mais ont soutenu une liste d'expert·es et de professeur·es capables de siéger au Parlement.
PM : Comment voyez-vous l'évolution de la situation politique en Serbie aujourd'hui, et qu'est-ce qui a rendu ce mouvement si différent ?
VDV : Honnêtement, je ne croyais pas au départ que des étudiant·es puissent provoquer un changement aussi massif par des moyens uniquement pacifiques. Ce qui a vraiment porté ce mouvement, c'est le partage et la diffusion d'amour et de solidarité dans un pays polarisé. Il a montré que la politique n'a pas à être guidée par la peur, la haine ou un dirigeant dominant. Alors que cette nouvelle structure politique émerge au Parlement, nous assistons à un glissement vers une façon de penser plus horizontale, dans laquelle les jeunes et les citoyen·nes ordinaires se voient enfin représenté·es.
Q : Vous avez fondé Storyteller, un média bilingue en slovaque et en serbe. Qu'est-ce qui vous a poussé à créer votre propre rédaction ?
VDV : J’appartiens à la minorité slovaque de Serbie. Les médias minoritaires vivent souvent dans une bulle, n'informant que leur propre groupe, souvent isolé. Je voulais sortir de cela et proposer un journalisme lent, fouillé et professionnel à un public plus large, dans deux langues. J'ai renoncé à ma stabilité financière pour créer Storyteller et aujourd'hui, nous sommes une petite équipe de quatre femmes journalistes, installées dans notre propre espace, et nous nous concentrons sur le journalisme de solutions, les droits humains et les histoires au long-cours des communautés qui nous entourent.
Gaz lacrymo sont misogynes et écocidaires
Paris, le 31 octobre 2026 - 19 000 grenades lacrymogènes lancées en une seule journée. C’est le bilan accablant de la répression policière lors des manifestations étudiantes et lycéennes du 17 octobre 2026, où des dizaines de milliers de personnes ont défilé pacifiquement pour réclamer de meilleures conditions d’études. Derrière les images de rues enfumées et de visages en larmes se cache une réalité bien plus inquiétante : ces « outils de maintien de l’ordre » sont aussi des bombes chimiques aux conséquences dévastatrices, tant pour la santé des femmes que pour l’environnement.
Depuis plus d’une décennie, scientifiques et associations tirent la sonnette d’alarme. Pourtant, malgré les alertes sanitaires et les condamnations internationales, la France persiste à utiliser massivement ces substances toxiques, pourtant bannies en temps de guerre par la Convention de Genève de 1993. Comment expliquer ce paradoxe ? Et surtout, quel est le vrai coût de ces gaz pour les corps et pour la planète ?
Contrairement à ce que leur nom suggère, les « gaz lacrymogènes » ne sont pas des gaz, mais des poudres solides ultra-toxiques, dispersées sous forme d’aérosols grâce à des explosifs ou des sprays. Parmi elles, une star : le 2-chlorobenzalmalonitrile, plus connu sous le nom de CS, du nom de ses inventeurs, les chimistes américains Corson et Stoughton, en 1928.
Ce composé, aujourd’hui le plus utilisé au monde pour le contrôle des foules, est censé être « non létal ». Pourtant, ses effets vont bien au-delà des simples larmes et quintes de toux. Irritations cutanées, brûlures oculaires, crises d’asthme… Les symptômes immédiats sont connus. Mais ce qui inquiète davantage les expert.es, ce sont les conséquences à long terme, encore trop peu étudiées et surtout, les effets spécifiques sur les minorités de genre, longtemps ignorés.
Les muqueuses, la peau, les yeux, etc.
Les gaz lacrymogènes, notamment ceux contenant du CS, provoquent des irritations oculaires et cutanées, des difficultés respiratoires, des nausées et des vomissements. Dans ses recommandations sanitaires relatives à l'exposition au gaz CS, l'Agence britannique de sécurité sanitaire (UK Health security agency) reconnaît également des risques d'aggravation de l'asthme et de développement d'un syndrome de dysfonction réactive des voies aériennes, dont les symptômes peuvent persister jusqu'à deux ans après une exposition importante.
Les manifestations pouvant durer des heures, voire des jours, les manifestant.es comme les forces de l'ordre sont exposés pendant de longues périodes à des agents toxiques, et nombre d'entre elleux pourraient se trouver dans l'impossibilité de recourir à des mesures de décontamination après cette exposition. Pour les populations vulnérables, telles que les enfants, les personnes âgées et les patient.es atteints de maladies chroniques présentant un risque élevé de comorbidités, les effets de l'accumulation de substances chimiques toxiques pourraient être dévastateurs. C'est encore plus le cas lorsque les forces de l’ordre recourent à la pratique dite de la « nasse », consistant à encercler et immobiliser des groupes de personnes, les empêchant ainsi de se soustraire aux gaz lacrymogènes auxquels elles sont exposées. Le Conseil d'État a pourtant rappelé, dans une décision du 10 juin 2021, que cette pratique était susceptible de porter atteinte aux libertés fondamentales et devait être strictement encadrée.
« Il y a des expositions beaucoup plus fortes, avec des effets beaucoup plus lourds sur la santé et, sur le long terme » indiquait Alexander Samuel, biologiste, chez France Culture en 2019. Ce qui inquiète ce sont les taux de cyanure totalement passés à la trappe, qui peuvent provoquer des cirrhoses du foie, des calculs rénaux, des problèmes au niveau des reins et des problèmes neurologiques, comme Parkinson. Pire, dans un lieu clos, comme dans des bars ou le métro, il serait possible d’atteindre “la concentration de CS qui serait létale pour 50 % des adultes en bonne santé, estimée entre 25 000 et 150 000 mg/m³ par minute” selon une estimation du rapport publié en 1989 dans The Journal of the American Medical Association.
Une double peine pour les femmes
Les témoignages affluent, et les études menées depuis des années ont tendance à confirmer ce que les manifestantes dénoncent depuis des années : les gaz lacrymogènes perturbent gravement la santé reproductive. En 2020, une étude montrait déjà le lien entre l'exposition au gaz lacrymogène et les troubles du cycle menstruel chez les manifestantes des « Gilets jaunes » en France
Une enquête publiée en 2023 dans Frontiers in Epidemiology, menée auprès de 1 276 personnes exposées à ces substances, révèle un chiffre glaçant : 83 % des femmes interrogées ont déclaré avoir souffert de troubles gynécologiques après une exposition. Parmi les symptômes les plus fréquents : crampes utérines violentes, comparables à des règles douloureuses, mais amplifiées ; saignements menstruels anormaux (règles précoces, prolongées, ou au contraire disparues) ; perturbations hormonales entraînant des cycles irréguliers ; troubles thyroïdiens.
Ces effets ne sont pas anodins. Des rapports médicaux, comme ceux de l’ONG Physicians for Human Rights, ont documenté des cas de fausses couches et de mort-nés après des expositions massives, notamment à Gaza en 1989 et au Bahreïn en 2012, où plusieurs femmes enceintes ont perdu leur bébé après avoir inhalé des gaz lacrymogènes. Face à ces risques, certains pays, comme le Chili en 2011, ont même suspendu leur utilisation.
En France, le collectif « Lacrymo de sang », créé en octobre 2026, a déjà recueilli plus de 9 500 témoignages de femmes ayant subi ces symptômes après les dernières manifestations. « Après avoir été gazée pendant près d’une heure à Lyon, j’ai eu des douleurs pelviennes atroces, puis mes règles sont arrivées avec deux semaines d’avance, accompagnées de caillots », raconte Léa, 22 ans, étudiante. « Mon gynécologue m’a parlé d’une possible inflammation utérine due au CS. »
L’environnement, victime collatérale
L’usage de plus en plus massif du gaz CS pose également un problème nouveau : celui de la pollution environnementale. Si les conséquences sur la santé humaine commencent à être documentées, l’impact environnemental des gaz lacrymogènes reste encore l’angle mort des débats. Pourtant, leur usage massif empoisonne durablement les écosystèmes.
Tout d’abord, une menace pour la couche d’ozone et la qualité de l’air. Comme l’indiquent les fabricants, notamment sur le spray CS, lors de la dispersion du gaz lacrymogène, des molécules altérant la couche d’ozone sont libérées. Même si des mesures ont été prises depuis des dizaines d’années pour restreindre la présence d’autres composés halogénés dans l’atmosphère, comme les Chlorofluorocarbones, actuellement celle en dichlorométhane, solvant du CS, inquiète car elle pourrait à nouveau entraîner une attaque de la couche d’ozone. Les substances chimiques présentes dans les gaz lacrymogènes peuvent réagir avec d'autres polluants atmosphériques, formant ainsi des polluants de l’air secondaires encore plus nocifs. Cela peut avoir un impact négatif sur la qualité de l'air. Par exemple, elles peuvent réagir avec la lumière du soleil et d'autres composés organiques volatils pour créer de l'ozone troposphérique. L'ozone troposphérique est un composant majeur du smog et peut provoquer des problèmes respiratoires chez les humains et les animaux, ainsi que des dommages aux plantes.
Les particules issues des gaz lacrymogènes se déposent également au sol et dans les plans d’eau. Lorsqu’il pleut, ces substances chimiques peuvent être emportées vers les rivières, les lacs et les cours d’eau. Cela peut contaminer l’eau, la rendant impropre à la vie aquatique. Les poissons, les amphibiens et d’autres organismes aquatiques peuvent être gravement affectés. À forte concentration, ces substances chimiques peuvent endommager leurs branchies, perturber leur système hormonal et même entraîner la mort.
De plus, certains canons à eau sont équipés d’additifs. Ces additifs peuvent être des produits chimiques utilisés pour rendre l’eau plus visqueuse ou pour transporter d’autres substances. Lorsque ces mélanges d’eau sont pulvérisés, ils peuvent contaminer l’environnement. Les additifs peuvent se retrouver dans le sol, les nappes phréatiques,les cours d’eau et sur les plantes, tout comme les produits chimiques contenus dans les gaz lacrymogènes et les sprays au poivre.
En raison de la faible solubilité dans l’eau du CS, sa décontamination est difficile et le CS restant sur les sols ou le mobilier peut se remettre en suspension dans l’air. Au Liban par exemple, Charbel Afif, directeur du département de Chimie à l’Université Saint-Joseph et Spécialiste en Pollution de l’Air, a indiqué que « les composants du gaz se déposent au sol : sur les trottoirs, sur les bâtiments, mais aussi sur les vêtements, les cheveux et la peau. Il faut cette fois compter 50 à 60 jours pour une décontamination naturelle totale ».
Les gaz lacrymogènes ne sont pas de simples « outils de dissipation ». Ce sont surtout des armes chimiques genrées, avec des effets dévastateurs sur la santé des femmes, des polluants environnementaux durables, empoisonnant l’air, les sols et les eaux pendant des semaines, des mois, voire des années. Un symbole d’une répression disproportionnée, où l’État sacrifie la santé de ses citoyen.nes et celle de la planète sur l’autel du « maintien de l’ordre ».
Si vous souhaitez retrouver des informations sur l’impact des guerres sur l’environnement, relisez l’article Popol Média « Drames de guerre »
À lire
Au nom des blancs, Mathieu Molard, Editions Divergences
Ils n'étaient qu'une poignée d'intellectuels radicaux. D'anciens fanatiques de l'Algérie française, passés par l'OAS comme Dominique Venner, ou par des groupuscules néo-fascistes, tel Alain de Benoist. Après Mai 68, ils forgent une matrice idéologique et stratégique redoutable : recycler les armes de la gauche pour servir leur logiciel identitaire. À Gramsci, ils empruntent la "bataille culturelle" : imposer leurs obsessions (le "grand remplacement", la haine de l'islam) avant la conquête du pouvoir. Leurs héritiers ne sont plus à la marge. Ils murmurent à l'oreille des plus riches, prêchent à visage découvert, convaincus que leur heure est venue. Ils tiennent désormais leur champion : Jordan Bardella.
L'aRNaque sociale: Comment le RN trompe les gens pour servir les puissants, Pierre Joigneaux, Editions Fakir
Entre les attentes des électeurs du Rassemblement national et les votes du parti d’extrême droite à l’Assemblée nationale et au Parlement européen, il y a un fossé. Un gouffre, même. À l’opposée des priorités entendues derrière chaque porte, dans chaque bistrot, chaque asso, le RN et son vernis social avancent masqués. Dans l’ombre, Jordan Bardella et Marine Le Pen rassurent le capital, promettent de lui dérouler le tapis rouge…
À écouter
Élections au Brésil : un laboratoire de la désinformation numérique, La fabrique de l’information, France Culture
À quoi ressemble le paysage médiatique brésilien ? La désinformation est-elle l'apanage de l’extrême droite ? Quels sont les liens qui unissent l’alt-right américaine aux sphères conservatrices brésiliennes ? Enfin, comment la justice électorale fait-elle face au poids des plateformes américaines et leur influence dans le débat public brésilien ?
À voir
Joan Didion : Le centre ne tiendra pas, Griffin Dunne
Icône de la littérature et journaliste hors pair, Joan Didion revient sur sa carrière remarquable et ses luttes personnelles dans ce documentaire intime réalisé par son neveu, Griffin Dunne. À retrouver sur Netflix.
À faire
Assises européennes du Journalisme
Strasbourg accueille la 3ème édition des Assises européennes du Journalisme. Le programme compte près de 50 débats et workshops, 80 intervenant·es venu·es de pays de l’Union européenne et abordera des questions telles que le rôle des journalistes face à l’urgence écologique, ce que font les rédactions devant les ingérences informationnelles dont ils font l’objet, ou encore l’état de la surveillance des journalistes en Europe et dans le monde ainsi que de la liberté de la presse.
Du 4 au 6 novembre 2026 à l'hôtel de ville, au Münsterhof et au Parlement européen. Gratuit, sur inscriptions.
Festival international des résistances démocratiques
Face aux reculs démocratiques et à la montée des autoritarismes, Démocratie Ouverte organise le Festival international des résistances démocratiques : une journée de conférences, d’ateliers et de rencontres conviviales avec des expert·es et activistes du monde entier, pour partager des expériences, renforcer nos solidarités et défendre ensemble nos démocraties.
Le 9 novembre, de 10h à 22h, à la Climate House (Paris). Prix libre et conscient, inscription obligatoire, places limitées.
