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Pays Basque : entre luttes et féminisme

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9 min ⋅ 23/05/2024

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Le Pays Basque : un territoire torturé

Le Pays Basque, pour les étranger·es, ou Euskal Herria, pour les locales et locaux, ne peut pas se résumer à un imaginaire côtier au littoral impressionnant, terrain de jeu des surfeur·es, à des paysages rocheux mystérieux, à la culture de la fête, du rugby ou encore à son jambon. Faire ce raccourci serait aussi sot, qu’irrespectueux, quand on sait la complexité de l’Euskadi. 

La complexité passe par sa géographie. Environnement inhospitalier et isolé pendant des millénaires, dont cette isolation a été déterminante dans sa construction, Le Pays Basque s’étend sur 20 500 km2 et compte trois millions d'habitant·es. Ce territoire est composé de trois entités politiques distinctes : deux communautés autonomes espagnoles (la communauté autonome du Pays Basque et la Navarre) et une portion du département français des Pyrénées-Atlantiques : le Pays Basque Nord, représenté par la communauté d'agglomération du Pays Basque depuis janvier 2017.

Empire romain, annexion de la Navarre ou encore régime franquiste, n’ont pas réussi à assécher son ADN d’indépendance revendiquée depuis des siècles. L’histoire du peuple basque est empreinte de mystère sur son origine, de fierté, de lutte acharnée mais aussi d'oppression. Sous Henri IV déjà, le territoire faisait l’objet de violentes répressions, notamment lors de l'inquisition où d’importants procès en sorcellerie ont eu lieu dans la région, de jugements, de tortures physiques et psychologiques irrépressibles et de condamnations, vont causer un long traumatisme au sein de la population et assurer pour l’éternité, la réputation des pseudo-sorcières Basques. 

En 1936, les républicains espagnols actent de l’autonomie du Pays Basque, mais Franco attaque l’Euskadie en 1937 (avec, notamment, le bombardement de Guernica qui a fait de nombreuses victimes). Le gouvernement autonome s'exile alors à Bayonne lorsque Bilbao est prise en juin 1937 et de nombreux·ses exilé·es rejoignent la partie française du Pays Basque. Durant la dictature de Franco, qui va durer plusieurs décennies, toute forme d’expression Basque est formellement interdite. La torture, les menaces, et les violences deviennent alors le lot quotidien des indépendantistes. 

En 1952, l’Ekin voit le jour. Il s’agit alors d’une organisation culturelle qui donne des cours sur l’histoire et la culture Basque. Quelques années plus tard, l’Ekin laisse la place à l’ETA (Euskadi ta Askatasuna - Pays Basque et liberté) qui sera officiellement créée en juillet 1959 et face à la violente répression du régime franquiste, l’ETA devient une organisation armée en 1968. Néanmoins, après Franco, la répression étatique à l’encontre des indépendantistes a continué. Pendant longtemps, pour les États français et espagnol toutes les revendications ou velléités indépendantistes étaient assimilées à des actions portées par l’ETA selon la formule : “tout est ETA”, alors qu’en réalité, le mouvement indépendantiste est très protéiforme et ne se réduit pas aux actions menées par l’ETA. 

L’organisation a annoncé un cessez le feu permanent en 2011 a été officiellement dissoute en 2018. Néanmoins, l’acharnement contre ses membres s’est poursuivi. L’ETA a tué plus de 800 personnes entre 1959 et 2010 et, du côté des independantistes, on dénombre plus de 5000 cas avérés de torture par la police espagnole entre 1960 et 2017, des milliers de personnes emprisonnées et de nombreuses personnes assassinées notamment par les GAL (groupe antiterroriste de libération - commandos paramilitaires qui tuaient des indépendantistes Basques) financés par l’État espagnol. Comme le relève Caroline Guibet Lafaye, “Entre 2004 et 2021, l’Espagne a été condamnée à 12 reprises par des juridictions internationales pour avoir torturé et/ou ne pas avoir enquêté sur des plaintes de torture formulées par des prisonniers Basques détenus sous le régime du secret (incommunication), dans le cadre d’opérations antiterroristes menées entre 1992 et 2011”. (“ La fabrique de la torture en contexte démocratique : l’antiterrorisme espagnol face aux militants Basques”, Champ pénal). 

Dans cet article, l’autrice démontre comment l’utilisation de la torture a été banalisée par les autorités étatiques dans le cadre de ce qu’elles appellent la lutte contre le terrorisme. Et pour illustrer cela, je voulais vous parler de l’histoire d’Iratxe Sorzabal Diaz, actuellement emprisonnée en Espagne. Il s’agit ici de son récit, qu’elle a raconté au micro de Myriam Prévost. Iratxe Sorzabal Diaz est arrêtée en 2001 par la garde civile espagnole et torturée pendant 5 jours non stop à Madrid, dans les locaux de la garde civile. Son état physique est tellement critique que le médecin qui l'ausculte ordonne son hospitalisation. À l’issue de cette hospitalisation, elle est menacée par les gardes civils qui la forcent à apprendre par cœur des aveux. Ces aveux, elle les récite devant les autorités qui la condamnent. Elle portera ensuite plainte pour torture mais cette plainte ne sera pas réellement prise en compte et elle sera condamnée à 24 ans de prison. 

Comme elle, ce sont donc des milliers de personnes qui ont connu des actes de tortures étatiques pendant des décennies, des deux côtés de la frontière. L’histoire d’Iratxe Sorzabal Diaz prouve que les femmes n’ont pas été épargnées. D’après les chiffres de la fondation Euskal Memoria, parmi les 5 657 cas de torture qu’elle a étudiés, 902 concernent des femmes.



Le Pays Basque, la Terre en lutte

En 2008, Sébastien Tellier chantait “Je rêve de Biarritz en été”, chant érotico-touristique, qui, malgré des beats entrainantes, revêt des paroles creuses, symptômes de la polarisation néfaste autour du Pays Basque depuis ces 15 dernières années. Celui-ci, est aussi fantasmé qu’inconnu pour ses prétendant·es, entraînant des conséquences sociétales et écologiques sans précédent sur le territoire.

Tout d’abord, l’Euskadi ne se résume pas à la côte Basque. Pourtant, c’est vers elle que se tournent toutes les attentions depuis des décennies de l’histoire moderne, aux grès des modes, dont la dernière en date est l’eldorado des CSP++, traumatisés par le confinement de 2020. En effet, la pandémie a vu une partie non négligeable de la population des grandes villes françaises s’exiler vers les villes moyennes, les campagnes, et villes côtières. Le littoral du Pays Basque remplit à lui seul ces 3 critères. D’après les derniers recensements de l’INSEE, entre 2013 et 2019, la population du Pays Basque a augmenté de 0,5% par an et depuis 2020, cela a grimpé en moyenne à 2,2 %, soit 3.254 habitant·es supplémentaires chaque année. A cette pression démographique inédite, s’ajoute une pression touristique toujours plus forte, jusqu’à un niveau de fréquentation excessive. Cette situation entraîne depuis une quinzaine d’années des tensions sur le marché immobilier, dans l’ensemble du Pays Basque cette fois, avec des villes où 1 logement sur 2 est une résidence secondaire ou une location saisonnière. La faute incombe à des choix politiques d’attraction territoriale mono centrée sur l’économie touristique, sans anticipation environnementale ou prise en compte de l’identité culturelle basque, et aucun garde-fou pour les spéculateurs peu scrupuleux. D’autres tensions s’ajoutent, entre les populations locales et nouvelles, avec un impact sur la culture, la langue, le patrimoine, la politique et l’environnement de l’Euskadi, qui s’illustre parfaitement avec ce slogan bien connu “Euskal Herria ez da salgai” (“le Pays basque n’est pas à vendre”), ralliement des luttes.

C’est au croisement de la crise environnementale mais aussi de ce contexte territorial basque particulier, en fin de conflit de l’ETA, que le mouvement altermondialiste Bizi! s’est créé en 2009, agissant au Pays Basque Nord, dans le domaine de l’urgence climatique et écologique, “par et pour la justice sociale” comme il le revendique. Garder un territoire vivant écologiquement et culturellement.  Pour Bizi!, l’économie capitaliste et le modèle de développement productiviste sont construits sur le pillage des ressources et la mise en concurrence des individus, des populations, des communautés, des Etats et des collectivités.

Ce mouvement inédit, dans la lignée des luttes historiques basques, prend de l’ampleur en 2013, avec la création d’Alternatiba à Bayonne, où 12 000 personnes se retrouvent dans le premier village des alternatives au changement climatique, sous le patronage du feu grand résistant Stéphane Hessel. Cet évènement sera le début d’une nouvelle mobilisation citoyenne riche qui prendra une ampleur nationale avec la création de plus de 100 villages Alternatiba organisés en deux ans, de Bayonne à la COP21 à Paris lors du premier tour de France du mouvement. Cet événement a suscité “une insurrection des consciences et des peuples” pour peser “beaucoup plus fort et rapidement que toutes les COP réunies” comme l’explique l’un de ses co-fondateur Txetx Etcheverry au journal Libération.

Cette force d'entraînement, non violente mais radicale, fera des petits un peu partout. Ce précurseur sera un acteur clé du mouvement des Marches pour le climat de 2018 ou de la mobilisations Gilets Jaunes avec le slogan “Fin du monde, fin du mois, même combat”. Il est partie prenante de la dynamique “Plus jamais ça”, initiative inédite réunissant ONG, mouvements citoyens et syndicats au moment de la pandémie de covid-19 appelant à lier les questions d’emploi et de climat.

En parallèle de sa progéniture, Bizi! continue son action et s’est donné en 2016 comme objectif l’écriture d’un projet de territoire “ayant comme perspective l’Euskal Herria burujabe, visant sa souveraineté énergétique, alimentaire, économique, citoyenne et culturelle, pour permettre une société soutenable, relocalisée, gérable par la population qui y vit, solidaire des autres territoires et des autres continents.” Actualisé en 2023, ce projet donne les bases des actions concrètes à réaliser alors que les conséquences des crises écologiques sont beaucoup plus visibles, crises sanitaires, énergétiques et géopolitiques ont démontré la pertinence de développer les souverainetés réelles locales. 

Dans une mouvance similaire et complémentaire, des collectifs écoféministes basques voient le jour, avec une influence forte issue du côté espagnol. On peut prendre l’exemple de la jeune organisation Itaia, des femmes du Pays Basque qui veulent construire un mouvement de “libération des femmes travailleuses”, en opposition avec un système capitaliste violent, de domination des femmes et destructeur de l’environnement. Dans un interview donné à Sud-Ouest cette année, elles expliquent que “la domination est dans l’intérêt du capitalisme, c’est une violence nécessaire à la logique du capital.” Elles tentent de convaincre autour d’elles, pour créer des lieux de réflexion pour “les femmes travailleuses”, celles qui sont “condamnées à avoir un travail salarial pour survivre”.

Après la lutte indépendantiste des années 1950 à 2010, aujourd’hui la lutte écologique et écoféministe est le nouveau ciment de l’identité collective du Pays Basque, avec modernité des initiatives pour rendre le territoire plus souverain, soutenable et solidaire, sans pour autant construire la souveraineté d’un Pays Basque isolé du reste du monde, mais plutôt en interaction et en solidarité avec d’autres territoires souverains.


Gora borroka feminista ! (Vive la lutte féministe)

Le Pays Basque est géographiquement majoritairement situé en Espagne. Son féminisme a suivi l’évolution des féminismes des pays sur lesquels il est situé - espagnol de manière générale, mais il possède certains traits spécifiques : celui d’être hétérogène, fragmenté et de réussir malgré tout à se retrouver pour revendiquer l’unité sur certaines causes spécifiques. 

Composer entre féminisme, identité et nationalisme

Il y a six mois, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a été réélu à la tête du pays mais la montée de la droite et de l'extrême droite l'affaiblit tellement qu’il a évoqué la possibilité de démissionner, il y a un mois. Au Pays Basque, les résultats électoraux n’ont pas suivi ceux du pays.  Le parti nationaliste basque – le PNV, parti historique conservateur de centre droit qui domine la vie politique régionale avec le parti socialiste depuis des décennies - est arrivé en tête des élections le mois dernier et le parti de Pedro Sánchez à la dernière place. Euskal Herria Bildu, la coalition de gauche indépendantiste, héritière du bras politique de l'ETA, est en pleine ascension ; elle a même fait une percée historique lors des élections régionales du mois dernier, grâce notamment au vote des jeunes. 

La question de l’identité collective

Dans les années 1980, le féminisme espagnol connaît un point de rupture. Une mobilisation de plus de 3 000 féministes dans la ville de Grenade entérine le fait que la Fédération des organisations féministes de l’Etat espagnol ne représente plus toutes les tendances du mouvement pour cause de différences trop fortes dans les différents militantismes. Présentes, les organisations féministes basques, elles, maintiennent leur volonté d’unité dans l’autonomie. Pour la chercheuse María Martínez González, spécialiste de la question au Pays Basque, “c’est dans cette autonomie, que le mouvement se dessine depuis le début autour des assemblées des femmes de chaque ville ou village et rassemble différents courants [avec] l’objectif de réunir des femmes d’origines et de classes sociales plurielles”.

Le mouvement féministe au Pays Basque espagnol est toutefois très polarisé. En 1981 par exemple, le collectif Aizan (aujourd’hui Bilgune Feminista) est formé et lutte pour trois types de libération : la libération du patriarcat, la libération de l’État oppresseur (soit l’Espagne, mais aussi la France) et la libération du capitalisme. Dans le contexte actuel et avec la dissolution de l’ETA en 2018, les exigences d'indépendance sont passées au deuxième plan et EH Bildu mise sur des revendications de justice sociale ou des sujets comme l'écologie et le féminisme. Mais ces différences politiques ne font pas pour autant oublier les luttes communes aux féministes espagnoles, et parfois même les motivent.

Des causes communes

Il y a dix ans, fin 2013, le gouvernement espagnol dirigé par Mariano Rajoy a proposé de restreindre drastiquement l'accès à l'avortement dans le pays. Face à ce message, un petit groupe de femmes asturiennes s'est mobilisé, provoquant des centaines de milliers de personnes de tout le pays à les rejoindre et à se rendre à Madrid en train, à rejoindre une manifestation massive et même à atteindre d'autres capitales mondiales. Les féministes basques étaient évidemment présentes. Ce mouvement a suscité le retrait du projet de loi et la  démission du ministre de la Justice.

Quelques années plus tard, l’affaire de la manada éclate. En 2016, en marge des fêtes populaires de la San Fermin, cinq hommes, alors âgés de 25 à 27 ans, ont violé une jeune Madrilène de 18 ans. La vidéo qu’ils avaient réalisée de l’agression avait été mise en ligne sur un groupe WhatsApp baptisé “la manada” (“la meute”), et titrée “en train d'en baiser une à cinq”. Les cinq hommes avaient été libérés en première instance, moyennant le versement d’une caution de 6 000 euros. Ils avaient été condamnés à 9 ans de prison pour “abus sexuel” et non pour “viol”. Des manifestations spontanées dans de nombreuses villes du Pays Basque ont eu lieu et à Pampelune, un millier de femmes ont défilé en criant “Assez de violence machiste”. Un an plus tard, “la meute” a été condamnée par la Cour suprême espagnole à 15 ans de prison pour viol.

Plus récemment, fin 2023, les organisations féministes basques se sont retrouvées autour de la question des soins lors de la grève générale féministe organisée le 30 novembre 2023, pour pointer du doigt la responsabilité des partis au pouvoir (PNV et PSE-EE) dans la réduction et la privatisation des services publics. La grève générale organisée était également une grève contre le système capitaliste, patriarcal, colonial et raciste.

En bref, le féminisme basque nous montre la nécessité de nouvelles modalités identitaires dans les féminismes contemporains. Alors merci mesdames et Gora borroka feminista !



À écouter 

​​Popol Talks avec Irene 

En septembre 2023, Léa Chamboncel a eu la chance de recevoir Irene sur Popol Talks. Irene est autrice et militante féministe. Elle a notamment écrit Hilaria, récits intimes pour un féminisme révolutionnaire, en partant du récit de son aïeule, une femme du prolétariat Basque, veuve, qui élève seule ses enfants. 

Comment finir une guerre ? Arte Radio 

NB : TW violences 

Dans cette série de podcasts en 8 épisodes, Myriam Prévost revient sur l’histoire de la lutte armée au Pays Basque. Cette série, réalisée grâce à un fin mélange combinant récits politiques et intimes, vous permettra de mieux comprendre le Pays Basque ainsi que ses enjeux politiques et culturels. 

Si loin si proche, “Sorginak” : à la redécouverte des sorcières du Pays Basque, RFI Podcast

Au Pays Basque, s’est jouée au XVIIè siècle une chasse aux sorcières éclair, qui va marquer les esprits. Et aujourd’hui, la contrée basque revendique la mémoire de ses “Sorginak”, loin des clichés folkloriques. La figure de la sorcière, édentée et au nez crochu, est alors devenue en Occident une icône féministe. Parce qu’elle dit beaucoup du sort réservé aux femmes à travers les siècles et de notre rapport au monde invisible et païen. Et c’est ce que l’on découvre au Pays Basque, en suivant le sillage de la “Sorgin”… Un
reportage d’Inès Edel-Garcia.

À lire 

Mediabask 

Depuis 2015, Mediabask propose des reportages approfondis sur la vie locale, des entretiens avec des acteurs et des actrices du Pays Basque, des dossiers et des analyses, en toute indépendance. Média de référence du Pays Basque, il se démarque par son engagement envers la communauté locale, une narration profonde et authentique, et une approche critique et constructive des enjeux du territoire. Depuis juillet 2023, Mediabask est une société coopérative. Cette forme juridique et son modèle économique garantissent à Mediabask son indépendance. 

À voir 

20 000 espèces d’abeilles”, de la réalisatrice Estíbaliz Urresola

Sofía Otero, âgée de 9 ans, s’est vu décerner l’Ours d’argent de la meilleure interprétation (le prix est non genré depuis 2021) pour son rôle dans 20 000 especies de abejas (“20 000 espèces d’abeilles”). Le film de la réalisatrice de Bilboa fait suite au suicide d’Ekai Lersundi, 16 ans, qui était dans l’attente d’un traitement hormonal. À l’époque, la nouvelle avait provoqué une onde de choc dans le Pays Basque et au-delà. La transidentité est au cœur du débat public en Espagne depuis l’adoption définitive de la célèbre loi Trans, qui permet l’autodétermination du genre à partir de 16 ans, voire dès 12 ans dans certains cas. Le film suit donc la quête d’identité d’une fillette trans, Lucía qui ne se reconnaît ni dans son sexe de naissance (masculin) ni dans le nom (Aitor) et le surnom (Cocó) qu’on lui a donnés. À voir de toute urgence dans ce moment des luttes pour les droits des personnes trans en France. 

No estas sola : ensemble face à la meute 

Disponible depuis le 1er mars, ce documentaire intitulé “Tu n’es pas seule : la lutte contre La Manada” revient sur le viol d’une jeune femme lors de San Fermin, en 2016, par cinq homme condamnés à neuf ans de prison pour des “abus sexuels” et non pour viol en première instance (2018). “La meute” sera condamnée à 15 ans de prison pour viol un an plus tard, par la Cour suprême espagnole. Ce film réalisé par Almudena Carracedo et Robert Bahar raconte comment cette affaire a modifié et créé un précédent dans les luttes féministes. À retrouver sur Netflix. 

Yo decido. El tren de la libertad

Un documentaire collectif sur les manifestations qui ont suivi le projet de loi restreignant le droit à l'avortement proposé par le gouvernement Rajoy en 2013. En apprenant la nouvelle, un petit groupe de femmes des Asturies entreprend une action qui incite des centaines de milliers de personnes à se rendre de tout le pays en train à Madrid, se réunissant en une manifestation massive et atteignant même d'autres capitales à travers le monde. Ce documentaire a été co-réalisé par 80 cinéastes espagnol·es.

À faire  

Contre soirée électorale, 9 juin au Point Ephémère 

Transmission des idées, stratégies, actions, organisation… Comment fait-on pour porter nos luttes au niveau européen ? 

Un livre, une tasse de thé & Popol Media s’associent pour vous proposer d’en discuter pendant La contre soirée électorale !

RDV le 9 juin à partir de 18h au Point Ephémère (Paris, 10è) ! Réservez vos places ici




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